Le début de l’histoire…

Sa première sortie dans les prés, Kika s’en souviendra toute sa vie. L’hiver avait été long cette année-là, elle avait déjà 4 mois lorsqu’au milieu du troupeau dansant, ses petits sabots foulèrent l’herbe. Quelle incroyable découverte! Le goût de l’herbe, l’air, le ciel, elle se sentait géante. Le pré n’était pourtant pas bien grand, et tout proche de la ferme.        

La saison était belle, Kika  grandissait et aux côtés de sa mère et des 52 autres chèvres du troupeau, elle marchait de plus en plus loin dans la montagne. Mais ce qu’elle n’aimait pas Kika, c’est qu’autour du pré, toujours, il y avait ce filet qui piquait quand on le touchait.

Alors elle s’entraîna Kika.  Pour sauter toujours plus haut. De rocher en rocher, sur place, par dessus le dos de ses copines. Et avant les premières gelées de l’automne, elle était capable de sauter par-dessus le filet qui pique. Sans toucher. 

Les premiers temps, elle allait juste goûter l’herbe de ses voisines. Puis retournait vite avec son troupeau, ni vue ni connue. Mais les voisines n’étaient pas très bavardes, et l’herbe était finalement la même que dans son pré. Alors Kika voulu aller voir plus loin, juste pour voir. Elle prit l’habitude de quitter le troupeau dès le matin. 

Bien-sûr les bergers s’en rendirent compte. Qu’est-ce-qui ne va pas Kika, lui demandèrent-ils. Pourquoi ne penses-tu qu’à partir? Tout va bien, bergers, répondit-elle, mais j’ai des fourmis dans les sabots. D’accord Kika, mais ta place est ici, au milieu des tiens. Nous aussi Kika, tous les jours, au creux du ventre, on a des envies d’aller voir derrière les sommets. mais soyons raisonnables, notre place est ici. Tu veux bien faire un effort?  Je vais essayer, répondit Kika.

Pendant l’hiver qui suivit, Kika se tient tranquille dans la bergerie. Puis le printemps arriva, les chèvres sortirent à nouveau danser dans les prés. Kika reprit son entraînement, et au bout de quelques jours elle sautait à nouveau par-dessus le filet, sans toucher, et partait se balader, chaque jour un peu plus loin.  Les bergers retournèrent la voir. Kika que se passe-t’il à nouveau, lui demandèrent-ils. Bergers, j’ai essayé d’être raisonnable, mais j’ai trop de fourmis dans les sabots, répondit-elle. Les bergers se regardèrent, regardèrent Kika. Kika regarda les bergers. Tu as raison Kika, dirent-ils d’une seule voix, le monde est grand, parcoures-le, mais nous irons avec toi. 

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