Carnets des petits bergers: Les bivouacs en Tanzanie

Il est 17h04. A 19h sous les tropiques, il fait noir. Il est donc temps de trouver un bivouac pour la nuit. Un coin pour se poser, quoi! C’est vrai que nous roulons depuis quelques heures, à 50km/h de moyenne car la route est pleine de trous, de bosses, de camions déglingués et de bus qui font la course avec eux-mêmes. Et puis des fois il faut slalomer entre les babouins!

Babouins sur la route

Noémie repère sur la carte une route qui part sur la droite à l’entrée d’un village. Peut-être y  trouverons nous un coin à peu près plat, validé par les habitants, pas trop bruyant, sans trop de brigands, et si possible un peu joli!

Mais toutes ces conditions ne sont pas toujours réunies.

Un bivouac vraiment trop penché!

Voici quelques exemples de bivouacs choisis sur nos 3 semaines passées en Tanzanie:

Aux alentours de la ville de Singida, une route secondaire nous a mené à un endroit où il se passe des choses étranges. Nous sommes arrivés près d’une petite entreprise très bruyante. Là nous rencontrons Didi, qui accepte de nous prêter un bout de son terrain et nous présente son activité de chercheur d’or! ça casse du cailloux, ça le réduit en poussière et ça tamise jusqu’à trouver la pépite. Hé oui, c’est qu’il y a de l’or dans le sol de Tanzanie. C’était une pépite de bivouac!

Les chercheurs d’or en action!

Au Lac Victoria, on avait vraiment envie d’aller au plus près de l’eau. Nous sommes donc arrivés au centre d’un petit village isolé au bout d’une piste de quelques kilomètres. Là, surprise: Les gens autour de nous ne nous regardaient pas. Et certaines personnes faisaient même quelques pas en arrière… Nous leur faisions peur. Nous sommes donc descendus de la Coco pour essayer de rassurer, de justifier, de proposer d’aller voir la police! Et ça a bien marché car alors que nous pensions qu’il valait mieux les laisser tranquille, ils ont insisté pour qu’on reste sur la place du village, devant le bar. Bien-sûr la nuit tombée, le bar s’est animé et nous n’avons pas fermé l’oeil de la nuit!

La place du village

A Fufu, nous sommes tombés sur un lieu champêtre non loin d’un village. Personne! Personne?? Pas si sûr! L’endroit désert se transforme en place du village cinq minutes après notre arrivée. On commence toujours par expliquer par gestes et mots swahilis notre présence chez eux. Voyage, dormir là, repartir demain… Jusqu’à tomber sur un habitant compréhensif qui nous emmène voir le chef du village! Après deux heures de grandes paroles, nous voilà les bienvenus dans le village pour la vie.  Et nous allons vous placer devant le dispensaire, la sécurité y sera maximale!

Premières discussions à l’arrivée
Tito, l’habitant providentiel nous emmène chez le chef
Le chef, le secrétaire, et nous!
Notre nouvel emplacement devant le dispensaire

C’est vrai que la sécurité c’est important! A notre arrivée en Tanzanie, nous étions très fiers d’avoir trouvé un coin plat et joli. Un passage de vaches? Parfait pour nous! Nous passons la soirée à jouer avec quelques enfants, passons une nuit très tranquille. Mais le lendemain, alors que nous venions de terminer notre petit déjeuner, nous apercevons un militaire, puis deux, jusqu’à réaliser qu’une douzaine de soldats armés entouraient notre pauvre Coco innocente! Car voilà, le passage de vaches s’était transformé dans la nuit en terrain militaire! Il nous aura fallu deux heures, montrer nos photos, attendre le chef des opérations d’espionnage pour que l’assaut se transforme en un « Welcome! » général avec selfies, échanges de numéros de téléphone et « Tu peux me recharger mon téléphone? »

Les jeux d’enfants
Un terrain militaire sous haute protection…

Mais au fait, on s’arrête où? Il est maintenant 17h32. Ah, voilà un joli terrain, quelques personnes discutent, nous font un signe de la main, nous accueillent et nous montrent le lac bordant leur village,  avec plein d’hippopotames qui jouent dans l’eau. Vous pouvez vous mettre là, mais ne sortez pas la nuit, ils viennent brouter juste là où vous êtes. Nous avons passé une excellente nuit avec les bruits des hippopotames autour de nous!

Le bivouac de rêve…
…devant les hippos qui jouent dans l’eau

3 commentaires sur « Carnets des petits bergers: Les bivouacs en Tanzanie »

  1. Quel régal de vous lire..ce soir je vais rêver d hippo venant brouter ma prairie
    ..!🤣Des vrais souvenirs pour vous tous a raconter aux sédentaires a la veillée !
    Merci pour ces bons moments !
    Hervé !

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  2. Les Alpes sont parfois surprenantes, les nuits variées mais le bruit des hippopotames n’a jamais été à notre programme (des marmottes en plus gros, peut-être).

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